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Accueil Date de création : 24/02/08 Dernière mise à jour : 09/02/10 17:37 / 54 articles publiés
 

Fin  posté le mardi 09 février 2010 17:37

Et oui tout à une fin ce blog aussi. je vous remercie pour votre fidelité ( plus grande que la mienne  envers vous) . mais non tout n'est pas fini je démange juste pour des raisons pratiques si vous vous donnez la peine d'y aller vous retrouverez plein de nouveaux et d'anciens projets enfin finalisés

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chapitre 5 on est à la moitié  (l'odeur du rouge ou embryon d'un roman) posté le mardi 11 août 2009 17:54

Chapitre 5 : Dieu tout pissant

            Donc je disais que j’allais, question de passer le temps, visiter les lieux d’aisance.

J’adore aller aux  chiottes … déjà pour commencer, je ne supporte pas quand mon père, ma sœur, la maîtresse, le flic ou le président de le République disent : « le  petit coin », comme si le fait d’utiliser des mots  rendait  la chose moins  exécrable. C’est vrai : les mots changent la réalité, mais pas comme ça !  Maman, mais pas comme ça !   Baiser, faire l’amour, vagin, minou,  crever, décéder… Je mourrai  mieux, je souffrirai moins, j’accèderai plus à un paradis  parce qu’on y a mis les formes ?

J’aime aller aux toilettes, originellement  parce que personne ne me demandait rien au toilettes, personne n’ose me déranger dans mon monologue intérieur … Finalement, je crois que j’ai eu tord, du moins partiellement; j’aime aller aux toilettes parce que c’est l’unique  activité centrée sur mon corps que je peux faire – et dois faire.  C’est ce qui rend le moment rare, sans interférence.  Quand je mange, j’effectue une action sociale. Quand je dors, je fais une activité intellectuelle : j’enregistre. Quand je bois, je fais une activité à la limite artistique ou à défaut culturelle. Manger-partager-boire-s’amuser-dormir-rêver- voir même (merci à la psychanalyse) entrer en contact avec son inconscient. Manger-déguster-profiter-dormir-se reconstituer. Manger-marcher (le sandwich est un crime contre l’humanité) …. Mais quand je pisse, je pisse et  je ne fais rien d’autre. Je rentre en contact avec mon environnement, je rends  ce qu’on m’a donné, je maintiens mon monde intérieur… Je ne fais et ne peux rien faire d’autre. L’eau traverse mon corps… comme un unique tuyau, continuum de mon extérieur comme unique prolongement de moi même.  Outre les multiples vertus de vider sa vessie, il y a une  fonction plus métaphysique, celle de montrer  la véritable nature du plaisir…il y a en effet une  satisfaction  à deux  doigts  de la jouissance (n’ayons pas peur des mots)  comme quelque chose d’orgasmique à soulager ses viscères du poids de son demi litre d’eau. Plaisir tellement plus important, tellement plus violent que celle de la réussite de la reconnaissance sociale, voir même de ce plaisir mixte dit sexuel (oui je sais encore une fois ce n’est pas de mon âge mais l’auteur voulait caser sa réflexion)… Plaisir qui ne vient que de l’alternance de frustration  soulagement.… Il n’existe pas  de plaisir sans désir frustré comme il n’existe pas d’apprentissage sans douleur… Dieu tout pissant que cela est profond  d’uriner !

 

 Je l’ai observé tout le long de ce  monologue mental, la jeune étudiante cachée dans la cabine d’en face... Et  quand le chef s’est inquiété  car je n’étais pas rangée dans ma chambre pour la sacro-sainte visite, elle ne s’est pas gênée  pour me  ramener par la peau du coup justifiant du même coup son absence… pour sa peine je lui ai volé son stéthoscope.

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chapitre 4 et oui le retour Bon la pontcualité n'est pas mon fort  (l'odeur du rouge ou embryon d'un roman) posté le lundi 20 juillet 2009 18:47

 Chapitre 4 : Être médecin

Là je crois que vous vous êtes fait une idée de moi  entre «  la gentille cruche » de 22 ans  pas très douée et la jeune bourgeoise  en plein crise d’adolescence tardive  contre un système d’étude qui va lui donner   à la fois sa place dans la sacro-sainte société et sa croûte. Et d’un côté vous n’avez presque pas tord. Presque,  car j’ai des circonstances atténuantes. Il faut dire que  j’ai rêvé des mes études toute la première partie de ma vie. J’imaginais mes années d’université entre deux images relativement incompatibles des  sittings  de  soixante-huitards  et les université anglo-saxonnes avec ses jeunes bien sûr d’eux en plein débat sur l’existentialisme darwinien comparé aux nihilisme  kantien –Ah bon ! Ca n’existe pas ?-. Je caressais l’image de l’étudiant jouissant au milieu de ces murs tremblants (de préférence en architecture néo-romane au milieu d’une lande  écossaise)  de curiosité, d’idéalisme,  de passion,   entre deux parties de criquet. Oui je sais je peux être horriblement   vieux jeu. Et là le drame se joue en un seul  acte :   il suffit d’un seul jour en fac (et  le monopole n’en revient pas  aux études de médecine tout le monde pourra en prendre pour son grade) pour comprendre que l’apprentissage est  celui de se creuser  son trou le plus vite possible pour  vomir ce qu’on a appris. C’est  aujourd’hui mon quotidien. Et encore je ne suis pas à plaindre : je pourrais être étudiante  de droit ou d’économie et avoir passé mes derniers cinq ans à apprendre un système sans aucune réalité  qui s’envolera à la prochaine révolution extrémiste  qui comme toute bonne pandémie grippale a lieu tous les  60 ans. Personnellement je me contenterai  d’étudier 10 ans pour apprendre, j’ai bien dit apprendre,  et non pas apprendre à apprendre,  une médecine qui sera périmée en moins de temps qu’il m’a fallu pour l’étudier. Et ces 10 ans combien ils me coûteront chers : «  Vous avez  étudié  10 ans pour…  » à vous de compléter : avoir si peu de psychologie/ vous tromper si facilement/ faire si mal/ ne même pas me prescrire mon arrêt de travail/ n’être même pas capable  de me guérir. En fait pendant ces 10 ans,  j’aurai appris à  survivre aux plus grands moments de solitudes, comme par exemple :  

«  Mlle Recard  que voyez-vous sur cette radio du thorax ? »

«  Bon  elle a une tumeur là,  à mi- chemin  du thorax.  »

«  Non c’est son sein ça ! »

 J’aurai appris à savoir  me démerder avec le «  Ce n’est rien ! », à  avoir l’air toujours savante, SAVOIR  quoi qu’il arrive !  

            Mais à l’heure qu’il est,  je  retourne dans ce cabinet de toilettes me cachant  d’un monde trois fois trop lourd que je ne comprends pas, mes stylos de  labo ridiculement en forme de seringues ou d’os   s’imprimant en reliefs sur mon thorax et mon marteau reflex  négociant  une place non négligeable au détriment de mon estomac… Je revoie mentalement mes  patients que je dois présenter tour à l’heure à la visite, dont cette jeune fille, cette gamine affublée de cette maladie plus que rare, que je hais pour tout ce qu’elle représente : ce système fichu qui nous apprends à monter à zèbre avant de monter à cheval.  Je grogne de colère de  devoir m’occuper de ce cas fichtrement spécialisé alors que je ne maîtrise toujours pas le traitement d’une angine. Je grogne contre ma formation, mes  8 euros pour mes journées de boulot.  Je me demande ce que je suis,  ce qu’être médecin a fait de moi !

Etre médecin ?

C’est accepter  de se réjouir quand un patient a une maladie rare (et donc grave) car cela change du quotidien.

C’est accepter que rarement, l’on ne puisse pas !

C’est accepté de construire  son quotidien comme l’addition de moments exceptionnels pour d’autres.

C’est accepter que parfois on ne puisse pas. !

C’est accepté de détourner les yeux de quelqu’un qui souffre pour passer à « autre chose ».

C’est accepter que souvent on ne puisse pas !

C’est accepter  de rentrer le soir et d’oublier, de manger  quand eux jeûnent,  dormir quand ils veillent.

C’est accepter que la plus part du temps on ne puisse  pas !

C’est accepter  que l’on ne comprenne pas, c’est accepter de voir la science, sa science mis à mal par la nature, leur nature.

C’est accepter que quasiment  en permanence on ne puisse pas !

C’est accepter de  savoir que son médecin n’est qu’un homme.

C’est accepter que jamais on ne puisse !

Mais que surtout c’est accepter que eux peuvent toujours ….

Mais être médecin :

C’est aussi appartenir à la famille la plus grande du monde, qui se déchire, qui se jalouse  mais qui quand elle est malade  ne devient pas un étranger…

C’est pouvoir  voir dans le regard de l’autre «  qu’il sait ».

C’est pouvoir parler de réanimation gastrine pour  donner le feu vert de la visite… Que dis-je ? De la fuite au self 

C’est  faire partie en temps réel des grands essais mondiaux d’effets secondaires des médicaments.

C’est pouvoir  choquer le bourgeois au restaurant en parlant trop fort de choses qui fâchent…

C’est pouvoir, le temps d’un instant, se prendre pour la personne la plus importante sur Terre.

 

Futile… essentiel ?

Mille fois  j’ai pensé  abandonner ! Mille fois je suis revenue ! Pourquoi ?

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chapitre trois avec du retard  (l'odeur du rouge ou embryon d'un roman) posté le mardi 23 juin 2009 17:57

Chapitre 3 : Mensonges

Encore assise  sur mon lit pour cette énième journée entre des murs bleus (et non, pour qui est entré récemment dans un hôpital, les murs ne sont plus blancs ! A bas les clichés !), entre la visite cette minable étudiante en médecine pour un ECG qui ne fera que constater l’inexorable chute et la visite…  j’aperçois : Dans couloir ma mère qui  passe en larmes soutenue par une infirmière «  Mais madame il faut vous occupez de vous ! »

Que  je peux  haïr cette phrase ! Déjà parce que je la trouve sans sens ! Ne passons nous pas notre vie à nous occuper de nous ? Chaque instant  n’est-il  pas à terme tourné  vers nous même ? N’est-ce pas s’occuper de soi que  d’élever  ses enfants ? Que de faire son travail correctement ou même être dans le caritatif ? Sous la couche d’hypocrisie, du  triple  fond de  politiquement –correctement -socialement –acceptable, quelles sont les motivations de ces actes à part celles de ne pas avoir à se détourner lorsqu’on croise un miroir ? N’est-ce pas ainsi que Mère Térésa a acheté son salut, le médecin humanitaire son calme lorsqu’ il regarde les infos, et mon voisin en signant le chèque pour resto du cœur la possibilité de passer devant un sans abri sans se remettre en cause, et le capitalisme dans la fournée. Petit commerce mesquin avec soi même, on se tourne vers les autres pour mieux se supporter soi même….Personne ne se doit rien puisque chaque acte a une fonction dans sa propre économie psychique. Est ce condamnable ? Regrettable ? Peut être même souhaitable ? …. Personne ne devrait rien à personne si seulement les gens osaient regarder leur propre manque d’être  en face. Je ne fais pas cela pour « toi » mais pour combler mon « moi ». La personne aidant, le donnant est peut être celui est qui est le plus en demande dans cette relation appelée  « aide ». Je donne,  je reçois,  tu n’es que le spectateur de la relation à moi même.

Ensuite cette fameuse mode du retour sur soi est prôné par toute une société : « La vie la vraie » dit le piaf  d’Auchan, « Parce que je le vaux bien » vous dira  monsieur l’Oréal. Tout cela  est d’une hypocrisie rentabilisée sans nom.

En fait,  cette société ne peut souhaiter réellement ce retour sur soi, elle ne peut vouloir la contre productivité totale que serait un véritable retour sur soi… Tout comme elle ne pourra jamais prôner  ou même  simplement accepter la masturbation. Ce plaisir purement individuel, cette non production à l’état pur …  le groupe ne pourra jamais accepter qu’une personne s’occupe vraiment d’elle. C’est à dire qu’elle accepte  de s’accroupir et de se caresser quand  elle désire, qu’elle accepte  de s’endormir quand elle est fatiguée  ou de manger n’importe quand …  la société  ne peut se construire que sur la frustration de ses désirs. D’où vient la soif de pouvoir, la volonté de gain, si ce n’est d’un  cerveau qui n’a pas eu sa dose d’orgasmes. La société ne pourra jamais vouloir cela car la collectivité ne tend que vers une chose : la production. Production… frustration ….  Le bonheur n’est pas dans l’intérêt de la collectivité. C’est dingue le nombre d’insanités qu’on peut produire en deux heures, couchée à ne rien faire sur un lit d’hosto.  Avec une moyenne de 10 veillées et une durée d’hospitalisation de 10 jours, c’est fou ce qu’un malade moyen pourrait sortir… heureusement il y a la télé   et les visites  des multiples grades  de médecin d’un hôpital universitaire…

Bon je m’ennuie. C’est bien l’une des vertus  principales  thérapeutiques de l’hôpital : on s’ennuie   et on  s’ennuie  tellement qu’on s’empresse de guérir … Je vais aller visiter  les toilettes. J’adore les chiottes !

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un peu de douceur dans son monde de brutes  (quelques vagues traits de crayons) posté le mercredi 17 juin 2009 15:34

même si le scan donne mal je vous fait partager une petite aquarelle

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